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Du 13 au 17 juillet derniers, l’équipe du Pannonica était dans les Hautes-Pyrénées pour le festival Jazz à Luz

Ce festival bien installé entre les montagnes depuis 31 ans ravit touristes et locaux, festivaliers et bénévoles et propose quatre jours de concerts jazz, free jazz, comme issus des musiques expérimentales et noise, ou rock. Porté par l’association Jazz Pyr, la programmation est tissée par son président Jean-Pierre et son activité menée à l’année par une brave équipe de trois salariés (bravo Lisa, François et Karine !). Tout au long de l’année ils mènent des actions culturelles et tissent des partenariats solides sur le territoire. Pour le festival qui brasse un public nombreux et varié, plus de soixante bénévoles se s’investissent à la technique, en cuisine, à l’accueil artiste ou au bar.

Une édition pour oreilles curieuses et de tous âges, à découvrir en famille ou entre amis, (…) placée sous la signe de la musique, de la joie et de la fête !

La première chose qui saute aux yeux comme aux oreilles est l’ouverture musicale de ce festival et sa programmation éclectique. Ce grand écart permet de mélanger les publics et de provoquer la rencontre entre artistes d’univers différents. Le vendredi et samedi soir, des concerts gratuits dans le parc plutôt rock et math-rock accentuaient cette ouverture vivifiante, avec Sec puis Petit Bureau.
Sur cette édition, trois axes forts tenaient le cadre : la jeune scène de musique improvisée barcelonaise, fut en effet pensée comme la « charpente » de ce festival 2022 et nous permis de découvrir de jeunes musicien·ne·s. Autre axe, autre ambiance au festival : le retour de la violoniste et chanteuse tchèque Iva Bittova, connue des habitué·e·s de Luz. Enfin, le festival poursuivait la mise en avant et encourageait la découverte de jeunes artistes français, qui agitent la scène musicale française.
Le festival rayonne sur plusieurs sites accessibles en grande majorité à pied, le Parc Claude Massoure et le chapiteau sont les lieux centraux du séjour avec les espaces de détente et restauration. On retiendra aussi la Maison de la Vallée qui a proposé deux configurations : assises et club.

© P Meyer — AE Médias

Grand écart et formule magique

La joie d’un festival c’est de vivre les concerts dans des cadres décalés et puis, de pouvoir les enchaîner !
Tel fut le cas pour le duo franco-espagnol de Núria Andorrà et Christiane Bopp qui a joué dans une bergerie un concert de musiques expérimentales et improvisées, au trombone et aux percussions. S’en est suivie une balade sur les sentiers de la montagne pour descendre à la patinoire de Gèdre où le solo à la batterie de Vasco Trilla nous a offert un temps suspendu. Ce dernier installé au centre de l’espace a produit des sons bruts et froids, épousant parfaitement leur contexte. On s’est laissé prendre au jeu de cette double formule !

© Y François— AE Médias

Au total cette édition aura compté une trentaine de concerts et rendez-vous. Voici donc un petit retour de ce qui nous a le plus touché·e·s, intéressé·e·s ou marqué·e·s :

NUITS

14 juillet / Maison de la Vallée

Emilie Škrijelj : accordéon, électronique / Tom Malmendier : batterie, objets / Armand Lesecq : traitement, spatialisation / Stéphane Clor : violoncelle, sampler

Pour le réveil hypnotique ! 
Emilie Škrijelj est impressionnante d’inventivité à l’accordéon. Chacun des musiciens emprunte son chemin, ce sont les sonorités qui se rejoignent et entrainent avec elles un ensemble harmonieux et surprenant, presque comme les nuits qui nous attendent sur le festival.

Camille Rigolage — Camille Retailleau — Camille Pavageau

NOUT

14 juillet / Maison de la Vallée

Rafaëlle Rinaudo : harpe électrique / Delphine Joussein : flûte / Blanche Lafuente : batterie

Nout a retourné la Maison de la Vallée en version club ! Ce concert fut inédit à coup sûr, drôle et généreux. Nout ce soir-là fut le virage acidulé et festif d’un trio vers un ensemble à neufs musicien.n.e.s, ou l’art de construire des ponts de l’occitan au Bénin.

Camille Rigolage — Camille Retailleau — Jerome Taudon — Frédéric Roy

TUBI NEBULOSI

15 juillet / église des Templiers

© Joan Cortès

GIULIO TOSTI RENCONTRE NO NOISE NO REDUCTION

Giulio Tosti (Italie) : orgue / Marc Démereau : saxophone baryton / Marc Maffiolo : saxophone basse / Florian Nastorg : saxophone basse

Pour le cadre mystique des églises et pour la rencontre des drones de l’orgue et des sonorités extrêmement indus(trielles) des trois saxophones.

Jerome Taudon — Frédéric Roy

EMILIO GORDOA, DON MALFON & JONI SIGIL

16 juillet / Chapiteau

© Tamkkaphoto

Emilio Gordoa : vibaphone, objects, électronique /  Don Malfon : saxophones / Joni Sigil : batterie

Le trio était proposé dans le cadre de la thématique barcelonaise. Les trois musiciens ont montré une maitrise épatante de leurs instruments et offert au public une performance hors-norme. En bref, voilà qui fut un set singulier qui claque !

Camille Pavageau

Et aussi…Les apéro-débats avec Anne Montaron

© Y François— AE Médias

Au départ, avouons-le, nous étions plutôt sceptiques à l’idée d’une énième table ronde sur la place des femmes dans le jazz. Pourtant la présence mixte des artistes et acteurs du festival nous ont convaincu·e·s. À la barre Anne Montaron qui a tenu une parole ouverte et inclusive sur ces questions de genre dans le milieu du jazz et dans celui des musiques improvisées (à noter, la distinction à faire entre les deux genres). On retiendra les mots, l’implication et le Mea Culpa de Lê Quan Ninh qui s’est aussi fait remarquer sur scène en trio Krči  & Lê Quan Ninh, la difficulté à être musicienne dès le choix de l’instrument, pas nécessairement pensé pour toutes les morphologies, l’évocation de la baronne Pannonica comme figure modèle…

La bonne a(l)ttitude
pour l’ambiance et les rencontres

© P Meyer — AE Médias

Quoi de mieux pour se ressourcer que l’air des montagnes et le son de musiques libres ? Le jazz est définitivement installé dans le paysage culturel de la Vallée des Gaves et le public fidèle fait preuve d’une qualité d’écoute remarquable et appréciée des artistes comme des organisateurs.
En dehors des concerts, nous avons pu nous régaler de la cantine mêlant artistes et publics proposée par le festival, du passage de l’ISS et du feu d’artifice du 14 juillet… jour de la Saint-Camille ! (on n’y échappe pas pour cette équipe !). Le cadre du parc Claude Massoure fut l’occasion de bons moments festifs mais aussi de belles rencontres : une partie des équipes de Plages Magnétiques, Jazz à Poitiers, du Petit Faucheux, de Jazz Zèbre ou encore Freddy Morezon… que l’on espère bien retrouver très bientôt !

Bravo et merci aux équipes de Jazz à Luz pour l’accueil et les photos
www.jazzaluz.com