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Professionnel·les du secteur du jazz font entendre leur voix et dénoncent les violences sexistes et sexuelles dans le milieu. Il est temps que l’omerta cesse et que l’ensemble du secteur agisse pour empêcher ces violences et protéger les victimes. C’en est trop.

Nous, artistes, programmateur·ice·s, diffuseur·euse·s, journalistes, attaché·e·s de presse, enseignant·e·s et professionnel·le·s du monde du jazz, souhaitons exprimer notre préoccupation à la suite de la procédure judiciaire actuellement en cours visant l’un des musiciens notoires de notre milieu pour des faits à caractère sexuel impliquant des mineur·e·s.

Depuis des années, nous sommes nombreux·ses à avoir été témoins directs ou indirects d’agissements problématiques : propos déplacés, comportements insistants, abus de pouvoir, gestes inappropriés. Trop souvent, ces faits survenus dans le cadre professionnel ont été minimisés, relativisés et trop souvent, certain·e·s ont détourné le regard.

Mais c’en est trop. Aussi, nous avons décidé de prendre la parole et faisons valoir ici un droit d’alerte légitime. Nous ne le faisons ni à la légère, ni par goût de la polémique mais parce que l’omerta a assez duré.

Aujourd’hui, nous affirmons fermement que les violences sexistes et sexuelles ne sont ni des « excès » ni des « débordements » inhérents à la vie artistique. Ce sont des faits graves qui détruisent des vies, des vocations, des santés et qu’aucune œuvre, aucun talent, aucune notoriété ne saurait relativiser.

Il ne nous appartient pas de nous substituer à la justice, seule compétente pour établir les faits et déterminer les responsabilités. Toutefois, au regard de la gravité des faits évoqués et de la responsabilité particulière qui incombe aux structures culturelles, il nous semble indispensable d’engager une réflexion collective sur les conditions d’engagement professionnel pendant la durée d’une telle procédure.

Nous rappelons que le Code du travail impose aux employeurs une obligation de prévention et de protection en matière de harcèlement sexuel et d’agissements sexistes. Cette responsabilité engage pleinement les organisateurs, établissements d’enseignement, employeurs, producteurs et partenaires publics de notre secteur.

Nous appelons en conséquence les professionnel·le·s et structures concerné·e·s à adopter une position claire et responsable, dans un souci de cohérence éthique mais aussi de protection des publics, des élèves et des équipes.

Nous affirmons également notre soutien à toute personne victime ou témoin de violences sexistes ou sexuelles, et les encourageons, si elles le souhaitent, à se rapprocher du collectif Collectives à l’adresse suivante : collectives@protonmail.com et des autorités compétentes afin que leur parole puisse être entendue dans un cadre approprié.

Nous souhaitons un monde du jazz réellement sûr, inclusif et respectueux, où chacune et chacun pourra créer, travailler et transmettre sans craindre l’humiliation, l’abus ou la violence. Nous en sommes collectivement les garants.

Si vous souhaitez vous aussi signer cette lettre, c’est ici.

La lettre et la liste des signataires est à retrouver sur le site de Mediapart