Wood, Rosetta Trio : in the mood for Jazz

: 24 février 2014 | : Action Culturelle Chroniques des concerts | : lycee Guisthau

Vendredi 7 février, arrivée rue Basse Porte sous un crachin breton. Descente d’une volée d’escaliers sombres et étroits : on entre au Pannonica pour une soirée de musique « chambriste » avec le groupe Wood – composé de Matthieu Donarier (saxophone et clarinette) et de Sébastien Boisseau (contrebasse), à l’univers libre et intime – et l’ensemble Rosetta, un trio new-yorkais à l’énergie flamboyante.

Ambiance feutrée. Le petit club du Pannonica est déjà rempli. Le silence prend place dans la salle lorsque les deux hommes de Wood se mettent en place. D’emblée, les musiciens étonnent un peu : les yeux fermés, tout de suite immergés dans leur univers, comme dans leur bulle. Le peu d’éclairage et la proximité du public avec la scène créent une ambiance intime. Échangeant lorsqu’ils improvisent, ils s’entendent à nouveau pour jouer ensemble. Les deux artistes sont très doués, pointus et techniques. Pour autant, ils semblent surtout jouer pour eux, faisant  valoir davantage leur technique que leur sensibilité. D’abord sensible à leur osmose, le public pénètre pourtant difficilement leur univers. L’entracte arrive enfin. Bruits de verres qui s’entrechoquent, discussions au bar ou en plein-air : pour ce premier set, les avis sont plutôt mitigés.

Rosetta Trio, le groupe qui change l’ambiance de la soirée
En deuxième partie, les trois musiciens du groupe Rosetta Trio révolutionne le ton de la soirée dès les premières notes. Une très belle énergie s’installe entre eux. Stephan Crump est un artiste volubile : il présente ses deux guitaristes Jamie Fox et Liberty Elleman. Il se confie au public nantais en évoquant tour à tour sa mère qui a toujours voulu qu’il aille en France et concluant cet aparté avec un touchant « Ça y est maman ! » -et son fils ou dédiant un de ses morceaux « Escalator » à notre classe (NDRL : les élèves de la classe de 1ère L1 ont interviewé et rencontré les artistes des deux groupes dans le cadre de l’action culturelle du Pannonica). Très expressif, le contrebassiste enchaîne les notes avec quelques grimaces : il vit ce qu’il joue. La musique est mélodieuse, plus légère que celle de Wood. On rentre tout de suite dans leur univers. Les guitares apportent une touche plus contemporaine, plus dynamique, un son familier proche des sonorités actuelles. Les musiciens communiquent dans une performance énergique, à la complicité évidente, démonstrative et contagieuse face à un public nantais convaincu et acquis à la cause new-yorkaise.
Par Mathilde Grenet