Whahay : de l’impro et de la sueur

: 19 février 2014 | : Action Culturelle Chroniques des concerts | : lycee livet

Ecrit par Yohan , Pierre-Vincent et Pierre.
Mercredi 29 Janvier, le groupe de jazz Whahay était accueilli au Pannonica. Une soirée placée sous le signe de la communion et de la complicité pour ce trio (contrebasse, sax, batterie) franco-américain.

Tout au long du concert, un dialogue s’est installé entre Paul Rogers (contrebasse), Robin Fincker (sax et clarinette) et Fabien Duscombs (batterie). On note la présence énorme de ce dernier, aussi bien dans sa gestuelle que dans quelques solos bien à lui. Fabien Duscombs propose un son inédit en détournant des objets tels que des tubes en plastique, des chaînes ou ce qui pourrait ressembler à un grigri africain. Batteur en totale harmonie avec son instrument, il ne fait qu’un avec une batterie qui semble être devenenue un jouet entre ses mains.
Paul Rogers est quant à lui un musicien en action: son corps balance tandis qu’il gratte les cordes de sa contrebasse, comme si le rythme lui dictait chacun de ses mouvements. Assez discret dans la globalité de la prestation, mais toujours présent, il manie parfaitement une contrebasse à sept cordes en passant du son d’une guitare sèche standard à celui, plus inattendu, d’un violoncelle.

 

Robin Fincker, le saxophoniste fulgurant
L’élément du groupe le plus remarqué et le plus remarquable du spectacle est certainement Robin Fincker. Pas tant, contrairement à ses deux acolytes, pour sa présence scénique que pour sa façon de raccrocher un morceau au bon moment et de l’emmener encore plus loin : bien qu’en retrait physiquement, chacune de ses notes se détache clairement de la batterie et de la contrebasse.
Jouant tous les trois leur rôle à fond, ils ont accompli dans la sueur ce set en one shot.Le public, dès la première minute du concert, a été plongé dans les rythmes improvisés et les mélodies imposées par les trois musiciens. A chaque impro, le trio a une capacité exceptionnelle à retrouver instantanément le thème : aucun doute, on assiste bien à un set basé sur le dialogue.