Thomas de Pourquery et Supersonic galvanisent Sun Ra au Pannonica

: 28 janvier 2015 | : Atelier des initiatives | : Atelier des initiatives

Après une semaine chargée et fatigante, rien de tel qu’un bon petit concert au Panno : c’est le conseil bien-être du jour. Il est d’autant plus précieux si l’on tombe sur Supersonic, le sextet exceptionnel réuni par Thomas de Pourquery autour d’un ’improbable jazzman gourou.

Sun Ra, c’est une figure étrange du free jazz : on ne sait pas vraiment quand il est né, il a délaissé son nom de baptême pour adopter celui du dieu du soleil égyptien, et il prône tout au long de morceaux interminables l’amour et l’arrivée des extra-terrestres sur terre. Space is the place to be, en gros.

Thomas de Pourquery, lui, mi-rugbyman mi-saxophoniste, est un des figures les plus audacieuses du jeune jazz français. Il a réuni autour de lui des musiciens illuminés et hallucinants, pour un concert extatique. Un peu de communion solennelle gourou au douzième degré, beaucoup d’énergie, un plein baril de complicité entre musiciens, des tonnes de virtuosité, et un soupçon de comptines chantées faux entre les morceaux : la recette d’un concert étonnant, audacieux, galvanisant, qui enthousiasme la salle et fait monter la température.

De son passé de rugbyman, le saxophoniste a gardé un jeu très physique, très investi. Nulle menace pourtant dans cette silhouette barbue et débonnaire, dont le regard pétille de gentillesse, et qui n’hésite pas à jouer du décalage en se lançant dans des vocalises aiguës. Les musiciens qui l’entourent rivalisent de virtuosité , d’inventivité – un piano dont on joue en passant les mains parallèlement au clavier sur les touches noires, glissando !, ou un archet qui court sur une basse pour en tirer des sons étranges – et pour certains d’un mauvais goût vestimentaire porté à l’incandescence – mention spéciale au batteur Edward Perraud, très habité. Arrangements au cordeau, improvisations flamboyantes, bonne humeur : un cocktail détonnant pour une soirée exaltante. Un excellent moment au milieu de la frilosité hivernale !

Chloé Averty