Stephan Crump, un artiste connecté avec sa musique et avec le public

: 24 février 2014 | : Action Culturelle Interviews Portraits | : lycee Guisthau

Par Elisa Doiseau, Léa Ripoche et Juliette Schietecatte
 Vendredi 7 février, à quelques encablures de son concert au Pannonica, Stephan Crump – le leader de Rosetta Trio- nous a accordé quelques minutes pour une interview improvisée.
Lorsque la question de l’inspiration s’impose, Stephan Crump énumère la liste de tous les éléments qui le stimulent : son Ipod, ses voyages, ses lectures (surtout les romans qu’il adore), les films… Il affectionne particulièrement les longues balades à pied ou à vélo : « Si j’ai accès à un vélo et surtout à New-York, je prends grand plaisir à me promener ». Sans être casanier, il a parfois besoin de se retrouver seul chez lui ou d’être entouré de ses deux fils et de sa femme, ses sources d’inspiration favorites dont il parle très tendrement.
Stephan Crump a commencé le piano et ensuite a joué du saxophone durant quelques années. A treize ans, il a démarré la basse électrique. A dix-huit, il rencontre l’instrument qui l’accompagnera tout au long de sa vie : la contrebasse. Prolifique et touche à tout, il espère encore apprendre et découvrir de nouveaux instruments. Un de ses rêves serait de jouer de la clarinette dont il adore le son mélodieux.Adolescent, ses styles musicaux étaient très variés – du rock au folk – il avoue pourtant que, plongé dans l’univers du jazz très jeune, il s’est toujours senti proche de cette musique. « A la maison, il y avait toujours un disque de bon jazz classique qui tournait ».
Difficile de savoir si un seul disque tourne en boucle sur sa platine. Beaucoup de CD l’obsèdent. « Il y n’y en a pas qu’un seul, dit-il en rigolant, c’est une question difficile ! Le CD que j’écoute dépend de mon humeur et des phases que je traverse dans ma vie. » En ce moment, « OutKast » – un duo de rap américain – retient toute son attention. Dans un autre genre, il avoue revenir souvent à « Steal Away », un album de Negro Spirituals.
Etre honnête avec le public
Pour Stephan Crump, la musique est un art complet et surtout visuel : si plus jeune, les sciences l’intéressaient beaucoup, aujourd’hui il se verrait bien peintre… peut-être après sa carrière de musicien. «  Je n’ai pas vraiment de talent pour la peinture, dit-il ironiquement, mais la musique c’est comme des couleurs, une grande toile à peindre ». Il évoque son héros avec admiration: son oncle qui était sculpteur sur bois. « Il arrivait à faire un travail magnifique avec ce matériau et cela m’a toujours fasciné. Ce qu’il faisait avec ses mains, c’était magique ».
Comme chaque musicien, Stephan Crump aurait pu avoir quelques habitudes avant de monter sur scène. Plus jeune, il avait besoin d’un long rituel où il s’isolait dans sa loge ou à l’extérieur pour se concentrer. Dorénavant, il n’a plus le luxe de s’offrir cette longue pause solitaire à cause de ses tournées au rythme très serré. Ça ne lui pose pas de problème : il a gagné en expérience et en maturité. Il peut prendre seulement un petit moment pour réfléchir aux mélodies qu’il improvisera. Il effectue aussi toujours quelques étirements. Pour lui le corps est en effet très important quand il joue : « J’essaie d’atteindre un état où je serais comme une fenêtre à travers laquelle la musique passerait. »
Le musicien évoque aussi une de ses peurs avant de jouer. Même s’il n’éprouve ni stress ni trac particulier, il redoute de ne pas parvenir à une connexion avec le public. « Dans la forme de musique que nous jouons avec mes partenaires, nous devons être très honnêtes avec le public pour entrer en communion avec lui. Et ne pas y arriver… ça fait très peur ! » Malgré son expérience, il dit être toujours inquiet de ne pas réussir à créer ce lien avec le public qui à ses yeux est essentiel.