Soirée Jazz avec Oblik et Bianu/Labarriere

: 28 mai 2014 | : Atelier des initiatives | : Atelier des initiatives

De Julien de L’atelier de l’initiative

Voilà ce qu’on appelle du local, Oblik est un jeune groupe de jazz nantais. Ayant passé du temps sur le jazz venu d’outre atlantique, qu’est ce que cela donne quand je retrouve un groupe issu de la même ville que moi, en tout cas du jeune Frenchie ? Il est indiqué que l’on devrait retrouver un mélange de tradition et de modernité. Pour la première partie, il s’agit de Zeno Bianu et Hélène Labarrière. Célébration de John Coltrane (dramaturge), le récit de Zeno Bianu sera accompagné de la contrebassiste Hélène Labarrière. Une soirée coupée en deux sur des thématiques différentes, ce qui n’est pas pour me déplaire.
N’en faites pas un Drame

On commence par la lecture du texte accompagnée de la contrebassiste. Alors autant prévenir de la particularité du texte. Dés le départ, très abstrait et sans sens commun, l’interprétation est personnelle et le texte est chargé dans les illustrations vacillant entre la réalité et l’absurde. À la fois voluptueux et ténébreux, il interpelle ou importe peu, comme une mélodie avec la voix grave du lecteur (proche d’un certain Arthur H) qui souligne une noirceur toujours présente.

La contrebassiste accompagne très bien cette lecture avec des interventions longues et troublantes, l’instrument est maltraité et offre donc des sons tiraillés et claquants. La musicienne subit des spasmes symphoniques, et vis ces traumatismes avec son instrument. Les deux artistes se complètent sans marcher sur les plates bandes de l’autre. L’ambiance est poétique et sombre. Tout cela est très beau, même si à certains moments, j’ai l’impression d’écouter un récit qui tourne autour des déraillements du dramaturge. Ça laisse un goût amer, faut-il apprécier l’amertume, ce qui est mon cas (sinon, ne pas trop s’y attarder).

Garder sa concentration pour écouter le texte d’une heure demande une rigueur de chaque instant, je n’y arrive qu’à certain moments. Pour le reste, il faut se laisser envelopper dans l’atmosphère.

 

Tout droit sortit du fourconcert Oblik

Une pause clope s’impose, sortir du monde dans lequel on a été bercé pendant une heure n’est pas aisé sans nicotine pour les fumeurs (les autres vapoteront plus leur I-clope goût spéculos que d’habitude).

Alors, étant venu préalablement dans ce lieu pour écouter de la musique, le retour aux musiciens et à une atmosphère « normale » de concert m’apaise (pas que je n’ai pas aimé la première partie, on se comprend).

C’est donc 6 jeunes hommes qui montent sur scène, j’entends déjà autour de moi « Ils sont jeunes ». Et oui, dans le monde de la musique Jazz, ils n’ont pas forcément trop l’habitude de voir des plus jeunes, en tout cas pas autant que dans d’autres milieux. Ils vont donc, non seulement se représenter, mais aussi faire face à un lot de spectateurs Jury, car la population appréciant le jazz n’est pas de la première tranche d’âge (sans vouloir dire que c’est un truc pour les vieux).

1h30 de concert commence. Les cuivres sont à l’honneur dés le départ et le style plutôt contemporain est mis en avant. On s’y attendait un peu. On se laisse vite prendre dans cette expérience musicale, comme à chaque fois que le jazz se permet d’être personnalisé.

On retrouve une parcellisation classique des moments musicaux, chacun des instruments intervient plus à certains moments, les personnes m’entourant ont l’air emballé (ils me servent de repère dans ce genre de concert).

Aussi du Jazz plus classique et structuré nous attend, ce qui rassurera les personnes plus emballées par le mélodique.

En choisissant de jouer large, passant de moment proche du free jazz (en tout cas, ça y ressemble), l’harmonie structurée est belle et bien de qualité et nous pouvons nous laisser prendre en charge pour ce voyage musical. Les cuivres permettent vraiment de ponctuer des moments afin d’imposer la musique, car le jazz n’est pas que distraction. Les codes utilisés sont les mêmes que le jazz pratiqué par ceux qui ont plus de bouteille. J’imagine que beaucoup d’entre eux ont été bercés dans un environnement Jazz depuis leur enfance.

Le travail d’harmonisation fonctionne, et même si certains morceaux demandent encore un travail d’approfondissement, la recette marche plutôt bien. La complicité des musiciens est là et je souhaite qu’ils puissent continuer à travailler ensemble. Pour la petite histoire, le jour du concert était celui de la sortie de leur premier album. Chargé en symbolique, rajoutant à la fraîcheur de ce jazz nouvelle génération qui n’en est pas vraiment.

Du bon travail donc pour Oblik qui nous gratifie d’un rappel aiguisant encore plus notre avis positif sur leur présence dans le monde du jazz.

Je repars de cette soirée, comme à chacune de mes découvertes, avec cette impression de ne pas avoir perdu mon temps.

Avec toute ma servitude.