Une soirée Jazz : des émotions contrastées

: 24 février 2014 | : Action Culturelle Chroniques des concerts | : lycee Guisthau

Vendredi 07 au soir, le Pannonica proposait une nouvelle soirée jazz dans le cadre de la coopération France/États-Unis. Deux groupes représentant les deux nationalités étaient à l’affiche : Wood et Rosetta Trio. Ils ont joué sous le signe de l’improvisation, dans un style « chambriste » qui crée une complicité forte avec le public. C’est ce genre de spectacles que le Pannonica a pour habitude de proposer à un public d’habitués mais aussi de curieux dans le but de démocratiser le plus possible le jazz.

En entrant dans la petite salle du Pannonica, on est frappés par la convivialité qui s’en dégage. Salle de spectacle atypique  proche des caves de jazz américaines à l’atmosphère intimiste. Avant le début du concert, la gaieté est au rendez-vous. Les rires et les conversations chaleureuses s’enchaînent ; les spectateurs se regroupent autour du bar et déambulent entre les tables, leur verre à la main. Mais le directeur venu présenter le programme du concert ramène un silence respectueux  dans la salle.

Arrive ensuite sur scène  le groupe français Wood : le saxophoniste et clarinettiste Sébastien Boisseau et son acolyte contre-bassiste, Matthieu Donarier. Dès le début de leur première improvisation, le duo a su capter l’attention du public par leur complicité évidente. De suite plongés dans une concentration optimale, les paupières closes, les deux artistes semblent en totale symbiose avec leur instrument respectif. Le saxophone semble le moyen d’expression le plus naturel pour  Sébastien Boisseau qui fait vibrer son instrument en lui donnant presque vie. Les mains de  Matthieu Donarier animent les cordes de sa contre-basse, l’artiste semble être dans une espèce de « transe musicale ». Les deux musiciens entretiennent un lien fort, si bien qu’ils n’éprouvent pas le besoin de se concerter une seule fois du regard pendant la totalité de leur prestation. Dans un souci d’harmonie constant, leurs improvisations  se succèdent toujours dans une  écoute mutuelle. Chacun sait laisser l’autre s’exprimer quand l’envie lui prend et après un solo, ils  reprennent leur morceau, toujours aussi complices. C’est dans un cortège de sons étonnants et incongrus que finit la prestation de Wood.

Le public est très réceptif à la technique de ces musiciens passionnés et les applaudissements fusent. Ils ont été capables de  nous faire partager leur univers, le temps d’un concert, et d’embarquer chaque spectateur avec eux dans une douce et apaisante atmosphère.

Rosetta, un jazz classique pour une formation originale

Stephan Crump du groupe Rosetta commence la deuxième partie de soirée avec un style bien différent, qui surprend légèrement le public. Le solo du contrebassiste entraîne immédiatement les spectateurs dans son  univers  très « Greenwich village ». Surpris, on s’installe  vite dans  cette   nouvelle ambiance. Stephan Crump, les yeux fermés, marque le tempo avec le pied et laisse son corps réagir au rythme des pulsations. Les deux guitaristes, Liberty Ellman et Jamie Fox  le rejoignent l’un après l’autre. Plus introvertis que le contrebassiste, ils restent plus retenus dans leurs interprétations. Bien qu’ils échangent peu de regards,  l’osmose semble parfaite et la concentration optimale. Les compositions s’enchaînent, harmonieuses et structurées, entrecoupées de plusieurs improvisations. On apprécie la douceur proposée, qui contraste avec l’univers plus décalé de Wood.

Le public réagit de plus en plus favorablement aux morceaux proposés. Stephan Crump se sent proche du public et lui confie quelques anecdotes personnelles. Les spectateurs sortent ravis de la salle, prêts à revenir prochainement. Le Pannonica a trouvé de nouveaux adeptes.

Auriane Cagnioncle & Marion Boudaud