Marc Ducret, Tower Bridge au Pannonica le 27/11/12.

: 29 novembre 2012 | : Atelier des initiatives | : Atelier des initiatives

Mimétisme

Marc Ducret, Tower Bridge au Pannonica le 27/11/12.

Le chef d’orchestre est un guitariste. Il dirige ce qui ressemble fort à une bande de copains. Ils se jettent des clins d’œil, ils se sourient, saluent leurs performances en silence avec le hochement de tête si reconnaissable des amateurs de musique.

Marc Ducret et Tower Bridge c’est Tower Bridge, une réunion abstraite de fenêtres éclairées sur la ville, plus ou moins grimpante dans le ciel. Le groupe se compose de beaucoup de cuivre, conformément à la tradition, d’un piano, d’un xylophone géant, de deux batteries et d’une guitare au centre. Le groupe fait des vagues, il oscille entre calme et tempête pour que tout le monde puisse continuer à respirer à la fin du concert.

Quant à Marc Ducret, de temps en temps, il écoute, il ne fait rien, il admire, ferme les yeux, semble méditer de son centre éloigné. A d’autres moments, il joue des notes de guitare jazz, il se mêle au cortège de musiciens. Mais le reste du temps, il apprend, comme un enfant, à imiter son entourage. Marc Ducret (ou du moins sa guitare) tente d’imiter au mieux les autres instruments pour mieux les comprendre, pour qu’au moment de la création il puisse se sentir ne serait-ce qu’un tout petit peu dans la peau d’un piano, ou dans celle d’un saxophone.

Le mimétisme, si l’on observe très clairement chez les humains et les animaux reste quelque chose de rare à observer lors de concert entre différents instruments. Les instruments sont plus couramment utilisés comme des pièces d’un tout, chacun ayant ses qualités, ses limites et son rôle à jouer quand il s’agit de mettre en place la cohérence du tout. C’est une réaction propre aux relations, humaines ou animales que celle de vouloir tenter d’être l’autre. Ainsi faisant Tower Bridge accepte de donner une conscience aux instruments qui l’entourent, créant la vie, ne se contentant plus de faire passer des émotions, ils s’obligent à les sentir, criant, sous les mains tremblantes des interprètes que c’est ici que se crée la véritable relation entre l’homme et « la machine ».

Joy Thomas / Atelier des initiatives