La caravane à plumes – Pannonica

: 25 mars 2013 | : Atelier des initiatives | : Atelier des initiatives

Par Marine Tiberkane de l’Atelier des initiatives

Pendant que le monde entier vibrait d’une musique Argentine, quelques Nantais se sont lancés dans une aventure étourdissante. La caravane à plumes s’était donnée trois jours afin de créer un spectacle inédit, de quoi édifier toujours plus les spectateurs du Pannonica.

Première surprise en entrant dans la salle que je commence à bien connaître. Peu de tables et des chaises placées dans tous les sens. Certaines tournent même le dos à la scène. J’étais partagée entre plusieurs théories : soit l’organisation n’a pas eu le temps de tout installer (ce dont je doutais fort), soit j’allais assister à quelque chose de complètement inattendu (théorie la plus probable).

Le « monsieur loyal » du Pannonica était en train de nous expliquer la démarche du spectacle qui allait commencer sous peu lorsque des sons, des voix, des cris étouffés, des murmures et du chant nous parvenaient de plus en plus distinctement. Sans crier gare, les artistes arrivaient de toute part, de l’entrée de la billetterie et des coulisses menant à la scène.

En tout, huit personnes -visibles- ont assuré un spectacle complètement déjanté, exaltant la sensibilité (parfois renfrognée) des spectateurs.

« Deuxième constellation »

Décrire ce qu’il s’est déroulé sous mes yeux serait complexe. Je pense que selon la place choisie dans la salle, les spectateurs ont eu une vision assez différente sur ce qu’ils percevaient. Nous étions projetés dans un univers qui maniait à merveille une ambivalence à peine contenue.

Des miroitements partout, des lumières sur les deux danseuses, des vidéos projetées sur les murs, un mégaphone crépitant…tout halète, tout transpire. Une contrebasse passe au-dessus de ma tête. C’est un univers féerique qui évolue tout autour de nous.

Les artistes se servent du décor comme d’un instrument de musique, un instrument de création tout entier. Les cordes vocales éreintées, l’objet est de se servir de son corps jusqu’à l’épuisement, jusqu’à sentir le moindre de ses muscles vivre, tenter de vaincre sa propre existence. Une couleur chaude se crée et se délite.

Coup de ♥ : les lecteurs flânant dans la salle au rythme d’une musique expérimentale. Les artistes très à l’aise, se servaient de leurs instruments avec virtuosité, cherchaient les limites mêmes de leur propre son. Ils exprimaient une sorte de beauté mélancolique.

La plus belle des beautés.