Le Jazz à fleur de cordes

: 27 janvier 2015 | : Atelier des initiatives | : Atelier des initiatives

La semaine dernière, Vendredi 16 Janvier, je suis allé voir Guitar Family Connection (Romane & Manetti) + Lagrimas Azules au Pannonica en me demandant si le Jazz pouvait être un remède à la mélancolie ?

Un public intergénérationnel

La salle Paul-Fort du Pannonica est pleine ce soir. Le public est mixte et intergénérationnel, des jeunes à la fraîche vingtaine titillent leurs smartphones, des moins jeunes reparlent des derniers événements avec leurs amis, des enfants jouent avant que les lumières s’éteignent. Quatre chaises sont plantées face au public. En première partie il y avait Lagrimas Azules composé du guitariste Laurent Jaulin, de l’accordéoniste Didier Ithursarry et du trompettiste Geoffroy Tamisier. Les 3 musiciens s’installent sur les chaises. Avant même de commencer le moment est magique. Ce fameux moment où on ne connait pas la musique qui va être jouée, une tension de quelques secondes de silence.

La chaleur de l’Espagne

Les cordes commencent à vibrer sur le son de la BO d’un film à résonance espagnole « Vengo » de Tony Gatlif. Je suis tout de suite emporté, les paysages se dessinent, je sens le vent chaud qui balaye les cyprès, je me sens voyager en Andalousie. L’accordéon me rappelle l’ambiance portuaire et le voyage, la trompette adoucit le tout dans un frisson. Les musiciens enchaînent plusieurs morceaux de jazz-flamenco, puis vient une femme brune, fleur blanche dans les cheveux, robe longue à « volants « qui tape dans les mains au son de la musique. Cette femme c’est Rachel Gaiguant, une danseuse flamenca. Elle se lève et commence à danser le flamenco, les pieds sont emportés par la musique.
Les solos des musiciens répondent à la danseuse : le guitariste s’emballe, il fait danser ses mains sur les cordes, le trompettiste alterne les claps et les mélodies, l’accordéoniste est possédé, et la danseuse danse, danse, danse une chorégraphie endiablée parfaitement accordée à la musique.

Un coup de foudre, un frisson, une émotion forte qui s’arrête brutalement et qui laisse un goût insatiable de n’en avoir pas assez entendu. J’ai depuis bien envie de voir ce film Vengo et me replonger dans cette ambiance sensuelle et endiablée du flamenco.

Django – Es-tu là ?

La deuxième partie était un trio familial composé de Romane Manetti et de ses deux fils Richard et Pierre, tous trois à la guitare. Romane présente avec humour son »groupe » et son bonheur de jouer avec ses deux fils même s’il faut parfois être solide pour écouter autant de guitare à la maison !

Familiale, la musique l’est évidement. Les Manetti se donnent les répliques à l’aide de leurs 6 cordes à la manière d’une conversation qu’on sent malicieuse, habile et virtuose. L’ambiance est bon enfant et le plaisir communicatif.
Certains morceaux sont tirés des classiques du Jazz manouche comme Django Reinhardt ou Duke Ellington, d’autres sont des compositions personnelles de chacun des trois guitaristes.
Ils enchaînent des solos improvisés qui rivalisent de talent. Les doigts se déplacent vite sur les cordes jusqu’à être libérés par des tonnerres d’applaudissement à la fin de chaque solos.

Ce concert m’a fait voyager ce soir, une première partie vraiment pleine de surprise et de styles différents. Surprise moins présente avec Guitar Family qui restait dans le style Jazz Manouche ce qui n’enlève rien au talent et à l’humour de la famille Manetti.

Si le flamenco ou le jazz manouche vous fait vibrer, n’hésitez pas à aller voir ces musiciens, leur musique a été pour moi un excellent remède à ma mélancolie.

F.