Jazz & Flamenco, ils ont ça dans le sang !

: 21 janvier 2015 | : Atelier des initiatives | : Atelier des initiatives

Guitar Family Connection (Romane & Manetti) + Lagrimas Azules, c’était ce vendredi 16 janvier 2015 à la Salle Paul Fort. Un trio flamenco aux couleurs du sud suivi d’un projet swing implacable, les musiciens sont venus nous livrer un bouillon de culture et nous prouver que la musique, c’est dans les veines !

UNE SALLE CONVIVIALE

C’est toujours un plaisir de retrouver l’ambiance du Pannonica, son ambiance chaleureuse et sincère, ses bénévoles, ses habitués qui se retrouvent une demie heure avant les concerts. A l’étage, la salle Paul Fort est presque comble. La grosse console de l’ingénieur son-lumière, au centre, me fascine. Les conversations qui patientent sont diverses : les dernières caricatures de Charlie, comment devenir Bouddha, nouvelles familiales.

UNE PREMIÈRE PARTIE SOLAIRE

Lagrimas Azules : un trio Flamenco aux couleurs du sud
Sagement assis derrière des partitions, le trio composé de Geoffroy Tamisier à la trompette, Didier Ithursarry, à l’accordéon et Laurent Jaulin, à la guitare Flamenca n’a pas tardé à réchauffer la scène. Au répertoire : compositions originales et détournées de compositeurs espagnols, tels la B.O. de Vengo de Tony Gatliff auxquelles ils ont su insufflé une couleur très personnelle, riche de la fusion des trois éléments. Entre puissance, séduction et mélancolie, le trio nous fait voyagé dans les contrées basques et espagnoles. Le guitariste fait l’amour à sa guitare en envolées d’arpèges. L’accordéoniste le suit dans un souffle coulée ou saccadé, tandis que la trompette plane au-dessus, étirant le frisson au-delà des mots.

L’âme, l’air et le feu sur commande
Le trio est rejoint par Rachel Gaiguant, danseuse flamenca qui inonde rapidement la scène de sa forte présence charismatique. L’oiseau noir, fier, frappe et caresse la pulsation de ses mains. Elle dresse la colonne vertébrale vers le soleil de midi, et avance d’un pas assuré au devant de la scène, face au guitariste. Mâle et femelle se font la cour. La matrone révèle un jeu de pied séducteur sous une jupe à volants en étages. Quel caractère ! Elle trépigne, elle ordonne. Le feu à ses pieds ; la trompette dans les airs, au-dessus de la tête, au bout des doigts ; la nostalgie de l’accordéon déployée dans une rotation. A nouveau, pieds martelés, poignets courbés, elle réveille, excite la puissance du feu. Jusqu’au salut final.

UNE SECONDE PARTIE A SIX BRAS

Romane et ses deux fils Manetti : un beau tableau de famille
Entrée en scène de la famille Manetti, les « saltimbanques » bien heureux de perpétuer la tradition familiale, celle des Manetti, de Django, d’un jazz swing, manouche et funky, et de l’offrir sur scène avec générosité, dans une connexion parfaite. La preuve sur le plateau que la musique c’est une passion, mais aussi un moment fort à vivre et à partager !

Au centre, il y a d’abord le père, Romane, grand nom du jazz manouche, récompensé en 2013 par le Grand Prix Jazz de la SACEM. C’est la pulsation sûre qui ne faiblit pas. L’homme sage et charismatique raconte. Les deux rejetons écoutent en sachant titiller, complices.

A sa droite, le fils aîné, Richard Manetti, récompensé Talent Jazz Sacem en 2012, maîtrise déjà l’art de la scène internationale. Virtuose, fougueux, il parcourt le manche dressé de sa guitare de bas en haut et de haut en bas.

A sa gauche, le fils cadet, Pierre Manetti, suit volontiers, plus discret mais pas moins virtuose. Les deux en noir se lèvent de concert. Mais lorsque seule subsiste la lumière noire sur le plateau, il n’y a que papa qui brille, en blanc.

Un projet swing implacable
On nous prévient, non sans humour, c’est de l’impro… et « parfois c’est bien ».
A trois guitares électriques qui se complètent et savent tout jouer à la fois (le rythme, la basse, la mélodie), ils reprendront des standards issus des comédies musicales : Over the rainbow, Someday my prince will come (la musique de Blanche-Neige, en version cardiaque). Puis, sous les lumières bleues, Round Midnight de Thelonious Monk et Take « A » the train de Duke Ellington.

Ils joueront aussi chacun une composition personnelle : Romane illustre sa sagesse dans Two Destiny ; Richard, beau-parleur s’est lancé sur Italian Prélude, quand Pierre plus romantique a choisi Red Naomi.

Enfin, pas un concert sans un morceau de Django (Anouman), qui sera aussi fêté au rappel.

Marion D.