Jazz et classique, pas de concession pour Jules Boittin

: 16 avril 2013 | : Action Culturelle Portraits | : lycee Guisthau

Cassandre Blard, Mazarine Loubaud, Clémentine Martin

Crédit photo : Cassandre Blard

 Jules Boittin, jeune tromboniste, a deux formations : le classique et le jazz. Il jongle entre ses cours au Conservatoire et sa participation active dans des groupes comme Farows ou Pulse *session*, avec lequel il se produit ce soir au Pannonica.

 Grâce à son père et à ses amis musiciens, Jules Boittin est bercé dans la musique dès son enfance. A six ans, il participe à un atelier-découverte au Conservatoire de Nantes pour choisir son instrument, c’est quasiment une révélation : la polyvalence du trombone et son timbre médium lui plaisent immédiatement. « Quand on est gosse, jouer avec la coulisse du trombone est rigolo, révèle le musicien, Je suis un grand fan de cet instrument, mais il exige énormément de technique. » La musique est une passion prenante. Amateur de basket, il ne parvient d’ailleurs plus beaucoup à y jouer et s’est vu obligé de faire un choix… faute de temps !

Aujourd’hui, Jules Boittin apprécie la diversité des styles qu’offre son métier de musicien. Il aime particulièrement jouer avec des gens différents, dans des lieux divers. « C’est un métier génial ! », s’enthousiasme-t-il. Contraint de rester à Nantes pour ses études au Conservatoire, il joue surtout dans la région. Le Pannonica l’a ainsi accueilli deux fois, « Les gens y sont cool, on est vraiment bien accueilli. C’est vraiment une scène super ! »

Un artiste sous influence

Influencé par de grandes icônes du jazz tels Coltrane (son disque préféré est d’ailleurs « Live » de Coltrane qu’il qualifie de « vraiment monstrueux »), Miles Davis, Anderson ou J.J Johnson (lui aussi tromboniste), et par la musique de chambre et des formations philharmoniques comme Berliner Philharmonie, il considère ses deux formations comme un atout pour son avenir. Dès le bac en poche, le jeune musicien s’est en effet dirigé vers le Conservatoire de Nantes, spécialité Classique : il savait que « la musique allait primer. » Il fera ensuite sa troisième année d’études au CNC de Paris. L’occasion pour lui de de faire « de nouvelles rencontres ». Néanmoins, l’éloignement ne l’empêchera pas de continuer à jouer avec les groupes nantais Farows et Pulse *session*, deux formations qu’il a intégrées lorsqu’il était au Conservatoire de région. Ses études parisiennes lui permettront d’obtenir le diplôme du DSPM pour devenir professeur de musique ou instrumentiste.

Plus tard, Jules Boittin espère jouer dans un orchestre professionnel comme l’ONPL et continuer à concilier classique et jazz « même si ça reste assez délicat de jongler entre les deux ». Si le Jazz lui apporte une bonne technique de jeu et un contrôle précis des choses, il aime par-dessus tout l’improvisation : « le plus stimulant dans le Jazz, c’est de pouvoir exprimer des choses qui ne sont pas écrites. L’impro est un moment de cohésion énorme ! » Pour lui, le Climax – point fort de l’improvisation en jazz – prime sur tout le reste. « Dans cette musique, je recherche perfection et rigueur, mais côté classique, mon gros kif est l’orchestre symphonique. »

Entré dans le groupe Pulse *session* par l’intermédiaire de Florian Chaigne, il se sent particulièrement bien : « C’est une réunion d’amis autour d’une musique commune, avec plein d’esthétiques différentes. On s’entend tous très bien. C’est le pied ! ».