Interview de Liberty Ellman

: 24 février 2014 | : Action Culturelle Interviews | : lycee Guisthau

Qu’est-ce qui vous a conduit à la musique ?

J’ai grandi dans une famille de musiciens. On entendait donc toujours de la musique à la maison quand j’étais petit. C’était donc naturel pour moi. Mon père était batteur et il m’a d’abord initié à la batterie puis au saxophone et j’ai pris des leçons de piano. Et puis, adolescent, j’ai commencé à jouer de la guitare. J’avais un groupe de rock, comme c’est un instrument polyvalent, je pouvais varier les styles. Etre musicien, cela me semblait aller de soi. Je pensais que c’était ce que tout le monde faisait… et je le pense encore aujourd’hui. (rires)

D’où puisez-vous votre inspiration ?

Comme je l’ai déjà dit, la musique faisait partie du quotidien à la maison, et mes parents écoutaient Bach comme Jimi Hendrix ou Prince. Je pense qu’ils ont été ma première source d’inspiration. Je ne m’inspire sûrement pas de la musique à la mode, vous voyez, la musique de pub. J’aime le Jazz qui est une musique sincère où l’on transmet des sentiments, nos humeurs. Vous voyez, ce qui est important pour moi, c’est de faire une musique qui ait une âme, qui vous accompagne un long moment. La musique jazzy est parfois vraiment académique et il s’en dégage, sans qu’on l’ait cherché, une sorte de distanciation. J’aime la musique jazz quand elle est recherchée et pleine de groove.

Comment avez-vous rencontré les autres membres du groupe ?

Stephan et moi avions un ami en commun, Vijay Iyer. Vijay et moi jouions ensemble en Californie avant de nous rendre à New-York en 1998. C’est là-bas que j’ai rencontré Stephan, en 1999 lors d’une session que Vijay avait organisée. Quant à Jamie, il jouait dans le groupe de la femme de Stephan. Lui aussi vivait en Californie, je l’avais déjà vu jouer mais je ne le connaissais pas encore.

Pourquoi avoir rejoint The Rosetta Project ?

Je suis indépendant. Etant donné que je les avais déjà accompagnés auparavant, j’ai commencé à jouer régulièrement avec eux. Quand vous jouez avec quelqu’un qui vous demande si vous aimeriez jouer dans son groupe… eh bien, on ne se pose pas de questions. Stephan est une personne unique et j’apprécie tout particulièrement de jouer à ses côtés. La composition du groupe est inhabituelle pour un groupe de jazz. Sa démarche me plaît beaucoup et je m’investis pleinement dans ce « projet » !

De combien de groupes faites-vous partie ?

Jusqu’ici ? J’en ai rejoint sept. Entre autres, j’ai joué avec des saxophonistes, avec Somi, une chanteuse africaine. On a eu l’occasion de jouer en Afrique tous les deux. Et j’ai aussi rejoint des groupes de hip hop tout comme des groupes de r’n’b…

Pourquoi êtes-vous attiré par des projets si différents ?

J’aime diversifier les expériences et réaliser différentes choses, de plus la guitare est pour moi un instrument qui peut s’adapter à tous types de groupe. J’ai grandi en écoutant beaucoup de musiques différentes, pour ça, je suis chanceux. Et c’est plus drôle comme ça et plus plaisant aussi. Vous ne mangeriez pas la même chose tous les soirs, n’est-ce pas ?

Qu’est-ce que vous y gagnez ?

J’y gagne de l’expérience. J’expérimente différents styles et différentes façons de jouer de la guitare. Cela me permet de rencontrer des gens, et de m’adapter à des demandes très différentes.

Que feriez-vous si vous n’étiez pas musicien ?

Hum… Je ferais sûrement autre chose qui me plaît, la photographie par exemple. Après tout, chaque métier est intéressant. J’ai des amis architectes et ingénieurs et ils adorent ce qu’ils font ! Mais c’est vrai que j’ai de la chance d’être musicien. Il y a quand même des inconvénients, on voyage beaucoup, et il y a pas mal de désagréments, comme les longs voyages, les tournées qui n’en finissent pas. Et puis, parfois on a seulement envie d’être chez soi, avec sa famille. Mais je me réjouis de ne pas avoir à y penser. (rires)

DOLO Laura
PFEUFER Nina