Florian Chaigne : « Je voulais casser cette image du gros dur qui tape sur du métal pour faire du son »

: 16 avril 2013 | : Action Culturelle Interviews Portraits | : lycee Guisthau

(Par Manon Cuny, Enora Chupin et Lara Le Drian)

Florian Chaigne est un jeune batteur-compositeur d’une vingtaine d’années. Originaire de la région nantaise, il se produit en ce moment sur la scène du Pannonica avec son nouveau groupe, Pulse session… groupe qu’il supervise depuis maintenant deux ans.

Vous avez commencé la musique à l’âge de sept ans, pour quelles raisons ?
En fait, c’est arrivé complètement par hasard. Mes parents m’ont proposé d’apprendre à jouer d’un instrument, j’ai choisi les percussions classiques, tout comme j’aurais pu choisir le piano. C’était une envie, pour tester. Et je n’ai jamais arrêté !

Par la suite, vous avez appris la batterie en autodidacte. Pourquoi ne pas avoir continué les cours ?
Après les percussions classiques, je me suis tourné vers la batterie. Malheureusement, mon professeur n’enseignait pas la pratique de cet instrument et je n’ai pas trouvé de professeur de batterie proche de chez moi. J’ai donc appris seul, en reproduisant les morceaux que j’écoutais. A 14 ans, j’ai monté mon premier groupe de rock en tant que batteur.

Vous avez fait partie de nombreux groupes de musique, que vous ont-ils apporté ?
J’ai appris la tolérance, le partage. Quand on fait partie d’un groupe, on aime recevoir mais aussi donner. J’ai fait beaucoup de rencontres, qui ont influencé ma manière de voir le monde. En fait, j’ai appris à aimer les gens.

Pourquoi avoir parcouru autant d’univers musicaux différents ?
Après mes cours de percussions classiques, puis mon groupe de rock, tout s’est enchaîné très vite : mes amis sont partis pour leurs études, j’ai rencontré des gens, j’ai fait partie de groupes punk/rock. Et puis, j’étais à la recherche d’une pratique plus mélodique de la batterie, pour évoluer et casser cette image du gros dur qui tape sur du métal pour faire du son.

Plus jeune, vous lisiez beaucoup de poésie. Faites-vous un lien entre la littérature et la musique ?
La poésie permet d’explorer, de sortir des clichés, tout comme la batterie telle que je la conçois. Par exemple, Aimé Césaire avait un style d’écriture très percutant.

Comment êtes-vous arrivé au jazz ?
J’étais inscrit à la médiathèque pour écouter du rock et un jour j’ai été voir le bibliothécaire pour lui demander de me faire découvrir de la bonne musique avec de la batterie. Il m’a fait écouter Art Blakey, un très grand jazzman. Ça a été une révélation. Je voulais explorer la finesse de la batterie et mélanger les sons.

A part Art Blakey, quels musiciens vous ont particulièrement marqué ?
C’est une question très difficile, il y en a eu tellement … Je pense notamment à John Coltrane, un très grand saxophoniste des années 30. Sinon, j’écoutais beaucoup King Krimson, un groupe de rock très proche de Pink Floyd.

Préférez-vous jouer dans la région ou à l’étranger ?
Je crois que je préfère jouer dans la région, car on se sent plus chez soi, on est plus à l’aise. Cependant, j’ai adoré jouer à l’étranger, le regard des gens n’est pas le même. Bien sûr, il y a un peu d’appréhension car c’est une autre culture, mais comme nos références sont différentes, le public est très tolérant. Par exemple, j’ai joué en Espagne. Je ne comprenais pas un mot d’espagnol mais un membre de mon groupe parlait bien et apparemment le public a beaucoup aimé. Ils disaient « Muy bien ! Muy bien ! » (rires).

Pulse est composé de sept musiciens. Pourquoi autant ?
Ce n’est pas du tout un délire mégalomane ! (rires) Au début, nous n’étions que quatre, puis le groupe s’est agrandi, certains sont partis, d’autres sont arrivés. Nous avions la volonté d’aborder des compositions plus exigeantes. En fait, c’est une sorte de challenge, pour faire du bon son. Ce n’est pas évident de faire tourner un projet comme ça. Et j’aime bien l’ambiance big band.

Quelle était la direction, à la base, du groupe Pulse ?
A la base nous faisions de la funk, surtout des reprises, puis quelques compositions funk avec de petites influences jazz/rock. Aujourd’hui, nous sommes trois à faire parti du groupe depuis deux ans ou plus. Nous nous sommes inspirés de la musique indienne que j’ai découverte suite à mon voyage en Inde, du métal et surtout du jazz.

Vous diriez que le groupe Pulse est une finalité, une continuité ou bien une rupture dans votre parcours musical ?
Pulse est un peu tout ça. C’est à la fois un aboutissement et un nouveau départ. Le groupe va peut-être encore s’enrichir, évoluer. Je suis trop curieux, j’ai envie de toucher à tout. Je suis passionné par la musique plus que par la batterie. Cette passion va du rock aux chants hindis et sanskrits, en passant par le jazz , le rock et le métal. Je veux être polyvalent.

Portrait chinois :

Si vous n’aviez pas appris la batterie, quel instrument auriez vous choisi ?
Le violoncelle.
Quelle profession aimeriez-vous faire si vous n’étiez pas musicien ?
Berger mais seulement pour les moutons.
Quel style de musique joueriez-vous si vous n’aviez pas le Jazz ?
Métal / Musique Indienne
A quel festival de musique voudriez vous aller ?
Hellfest / Festival Indien dont j’ai oublié le nom !
Plutôt Jazz ou Métal ?
Jazz
L’album de tous les temps ?
« Homage to Mahatma Gandhi » de Ravi Shankar
La/Les chanson(s) qui passent en boucle dans vos oreilles en ce moment ?
Aucune idée !
Plutôt CD/Vinyles ou mp3/Ipod ?
CD/Vinyles