Festival Question de Fibres au Pannonica : First round !

: 23 mai 2013 | : Atelier des initiatives | : admin

Le Pannonica organise le festival Question de Fibres du 21 au 23 mai qui allie avec finesse musique électronique et Jazz. C’est donc avec beaucoup d’attentes et de questionnements que je me rends dans la salle qu’il n’est nul besoin de présenter.

A l’affiche de Questions de Fibres, le festival qui clôture -presque- la saison musicale du Pannonica, il y avait mardi 21 mai Jack In My Head +1 en première partie et Alphabet qui terminait la soirée.

Jack est « in my head » et y reste

Sur scène il y a déjà les instruments et le décor. D’ailleurs sur les moustiquaires qui délimitent la scène est projeté un oeil bicolore totalement décomplexé.
Alors qu’une musique créée sur ordinateur se fait entendre, les musiciens arrivent sur scène. Jack In My Head +1 c’est d’abord l’idée d’Erwan Martinerie, violoncelliste. Le trompettiste Geoffroy Tamisier c’est le « + ouane » de la soirée. Les deux artistes prennent du plaisir à travailler et jouer ensemble, c’est une évidence et donne une couleur particulièrement belle à la musique qui nous pouvons entendre et voir. Surtout voir.
Je me laisse aller à des rêveries lorsque je n’écoute que la musique électronique. Cette musique ne m’aurait pas choquée en bande son du film Le Cinquième Élément et dans le même temps je ne pouvais m’empêcher de faire des rapprochements avec la musique de Björk notamment Army Of Me.
Les images projetées évoluaient en fonction de la musique, nous pouvions voir des décors inquiétants teintés de couleurs plus ou moins sombres. Parfois les silhouettes des musiciens se projetaient dessus et créaient une illusion psychédélique de l’ensemble de l’oeuvre.

Je verrai bien la musique de Jack In My Head +1 en bande-son d’un film un peu futuriste, un peu politique aussi. C’est un univers musical complètement différent de ce qu’on a l’habitude de voir au Pannonica. Et c’est franchement bien.
Les instruments acoustiques s’unissaient sans difficulté avec la musique électronique. J’ai plus particulièrement aimé l’avant-dernier morceau intitulé « Slowly Fear ». Je me faisais la réflexion que si la famille Torrance* était allée vers « son » hôtel maudit dans cette ambiance, peut-être qu’elle aurait rebroussé chemin.

J’ai été emballée du début à la fin. Finalement, Jack In My Head +1 c’est la collaboration que j’attendais, je crois. Pour écouter des extraits de l’album c’est par ici. On peut même l’acheter, il parait.

Alphabet pour les grands

La deuxième partie de soirée de ce festival fut assurée par le quatuor Alphabet. Les morceaux sont tous composés par le saxophoniste Sylvain Rifflet.

J’ai eu du mal à apprécier cette fin de soirée. J’ai toujours des réticences à écouter ce qui sort de la « norme », si norme il y a dans le Jazz (et on ne va pas rentrer dans le débat). Je suis adepte des belles mélodies et d’une utilisation assez conventionnelle des instruments (mis à part peut-être les pianos trafiqués que j’aime bien). Alors forcément, les effets de souffle et de percus sur les instruments à vent ça me laissent de marbre.

Ce n’est qu’au quatrième morceau que je sens un regain d’énergie et que je me surprends à tapoter du pied par terre, en rythme avec les musiciens. J’aurais bien vu même un Yann Tiersen sous exta orchestrer le tout et balancer ça aux spectateurs médusés. Une claque.
J’ai adoré les jeux de son entre la flûte traversière (Joce Miennel) et la clarinette au début puis le saxophone par la suite. J’avais vraiment l’impression de voir un duo qui fonctionnait sans vraiment devoir tout se dire. Les éclats de rire et les blagues foireuses ont permis au spectateur de se projeter au sein du quatuor et de détendre l’atmosphère. Merci les micros farceurs.

C’est un peu les montagnes russes du plaisir ce set. Le dernier morceau fut de loin le plus brillant. On était tous là à se prendre en pleine figure des flots et des flots de notes. La musique envahissait et emplissait la salle sans laisser le temps de s’en remettre. Tous les musiciens, guitariste (Philippe Gordani) et batteur (Benjamin Flament) en premiers nous abreuvaient de musique, eux, vainqueurs et nous, envoûtés. Et ça, c’est cool.

Marine Tiberkane

*Shining. Inculte.