Festival Question de Fibres au Pannonica : Final cut !

: 28 mai 2013 | : Atelier des initiatives | : admin

Dernière soirée pour le festival électro-jazz 2013. Le groupe Breton Nautilis avait la lourde tâche de terminer en beauté ces trois soirées, chose qu’ils ont fait avec une énergie incroyable. Évidemment, à huit personnes, ça déménage !

Lorsque j’ai lu pour la première fois la description de Nautilis sur le site du Pannonica, j’ai eu envie d’avancer le temps pour arriver le plus vite possible au 23 mai. Pour la wannabe violoniste que je suis, pouvoir écouter pour la première fois en live un groupe de Jazz avec un violon, c’était une image incroyable. Je dois dire que je n’ai pas été déçue.

Musique entêtante et enivrante

Huit personnes sur scène, ça déménage et c’est surtout encombrant. La scène du Pannonica n’est pas excessivement grande et la présence d’un piano à queue confortait l’idée de promiscuité des musiciens. Mais soit, cette disposition renforçait aussi le dialogue entre les musiciens qui en profitaient pour se parler avec un langage des signes plutôt obscur pour les profanes que nous sommes.

Au bout de trois jours de Festival, même la personne la plus fermée, viendrait à aimer les sonorités peu habituelles, qui dérangent un peu. Je me faisais la réflexion que si Pierre et le Loup était adapté en film, le second morceau présenté par Nautilis en serait la version musicale déjantée.

Il n’y a pas de place énorme pour les solos. Les musiciens jouent donc entre eux, explorent et font résonner leurs instruments comme s’ils étaient le prolongement de leurs corps. Ils forment des duos, des trios chanteurs et laissent une mélodie entêtante dans la tête.

JPEG - 29.4 koEt les spectateurs s’emballent

Question de Fibres c’est un festival qui allie la musique créée sur ordinateur et le Jazz. Alors bien sûr le groupe a mis en exergue les compositions de Vincent Raude, l’homme électro du groupe.

J’ai beaucoup aimé le morceau Au Pays d’Alice. Lorsque j’ai entendu le traitement de la conversation enfantine j’ai tout de suite pensé aux remix de Pogo. Les instruments entament une ritournelle, emmènent loin, là où l’imaginaire règne en roi.

Nautilis swing dans les airs et fait groover les tables. Même si Christophe Rocher (clarinettes et direction) assure que 3×11 est un morceau difficile à tel point « [qu’] ils arrivent jamais à le jouer mais sur le disque il est vachement bien », on se laisse aller à tapoter sur la table.

La seule chose à regretter c’est qu’il y ait eu aussi peu de monde pour assister au final de ce festival. Ce qui rassure quand même un peu, c’est que le public était loin d’être timide. Et grâce à une madame enjouée nous avons même osé demander un rappel. Et quel rappel !

Marine Tiberkane

Christophe Rocher : Clarinettes, Direction // Nicolas Peoc’h : Saxophone // Philippe Champion : Trompette // Grégoire Hennebelle : Violon // Christofer Bjurström : Piano // Frédéric Briet : Contrebasse // Nicolas Pointard : Batterie // Vincent Raude : Électronique