Fabien Duscombs :  » Avec Whahay, je ressens un besoin d’urgence ! « 

: 19 février 2014 | : Action Culturelle Interviews | : lycee livet

Whahay est un trio aux origines françaises et américaines. Rencontre avec son batteur autodidacte Fabien Duscombs, lors de leur concert au Pannonica le 29 janvier dernier.

Dans votre biographie, il est précisé que vous êtes un autodidacte, comment avez-vous réussi a vous imposer dans le milieu du jazz ?
J’ai pris des cours à l’école Music Halle de Toulouse. Ensuite, le travail se fait à 90 % seul. Il faut tout d’abord avoir l’envie de jouer et le succès vient petit à petit.

Dans quel contexte avez-vous rencontré Paul Rogers ? Qu’est-ce qui vous réunit ?
Dans un premier temps, j’ai rencontré Robin Fincker à Toulouse, on s’est tout de suite plu. C’est à dire que l’on avait le même ressenti et ce fut très fusionnel…engageant !
Une émotion ou une énergie particulière se dégagent-elles de votre trio ?
On ressent un besoin d’urgence, il faut que ça soit dans l’instant du moment. Il faut être souvent aux aguets car les instruments peuvent changer de rôle. La clarinette ou le saxophone jouent le thème dans la plupart des compositions de jazz, ici la contrebasse peut, elle aussi, le jouer.

Le projet Wahay repose sur les musiques improvisées. Dans l’improvisation (et notamment dans le projet Wahay) la batterie joue-t-elle le rôle de tempo ou est-elle un instrument mélodique à part entière ?
Dans cette formation, la batterie n’a pas de place prédéfinie. Comme je le disais précédemment les instruments changent de rôle ils ne restent pas fixes, tout comme le tempo.

Dans l’œuvre de Charles Mingus, y-a-t-il un morceau qui vous inspire plus que les autres ?
Il n’y a pas de morceau qui inspire plus que les autres et la programmation des concerts est faite par Paul. J’aime surtout Charles Mingus pour son implication pour la cause noire. Elle est due à des expériences traumatisantes liées au racisme. Celles-ci ont provoqué de nombreuses éruptions de colère sur scène et ailleurs. Par ailleurs, notre composition se base sur le Freejazz, ce qui ne plaisait pas à Charles Mingus.

Qu’aimez-vous dans l’improvisation ?
En premier la liberté de cette organisation. On se base sur une structure et une mélodie, on commence à un point et on finit à un autre, en passant par de multiples variations. Je ne prévois pas à l’avance ce qui se passera entre chaque retour au thème. C’est surtout basé sur l’écoute et le choix du moment, c’est-à-dire s’arrêter, suspendre ou mettre en valeur son instrument.

Lorsque vous partez en impro, notamment lors d’un concert, dans quel état êtes-vous ?
Je ne suis pas dans un état particulier. Si je ne suis pas stressé avant le concert, ça m’arrive – même si c’est rare – d’avoir une boule au ventre sur certains concerts. Étant dans le métier depuis plus de 20 ans, je ne suis pas une personne très anxieuse. Tout bêtement !

Pour vous, y-a-t-il des conditions de jeu idéales, un moment parfait durant le concert ou un public idéal ?
Il n’y a pas non plus d’endroits particuliers, le plus important est l’implication et l’attention du public. Chaque concert est unique, tout peut se passer… à n’importe quel moment.

Avez-vous une anecdote ou un souvenir qui vous a particulièrement marqué lors d’un concert ?
Lors d’un concert où nous avions fait un long trajet de Toulouse à Lille. La communication avait été mal été faite et nous avons fait un concert assez particulier. Il n’y avait que six personnes, dont deux techniciens et leurs femmes, et deux personnes du public. Heureusement nous étions payés et logés dans un assez bon hôtel ! Quitte à faire une journée de route, nous avons décidé de jouer l’ensemble de notre concert devant ce public réduit.

Ayant joué dans plusieurs groupes, dans lequel avez-vous ressenti la plus grande émotion ?
Ce groupe fait partie de ceux où j’ai ressenti la plus grande émotion en particulier lors du premier concert durant lequel Whahay a été créé à l’initiative de Paul Rogers, suite à l’invitation du Festival Jazz à Luz. Paul Rogers avait rencontré Robin Fincker à Londres, puis Robin m’a rencontré à son retour en France, et c’est suite à cette invitation que j’ai rejoint mes compères pour former Whahay.