scène jazz et musiques improvisées à Nantes

André Francis

photo-andre

Style : Photographie, Dessin
Periode : mars, avril
Vernissage : vernissage mardi 7 mars à 19h

“Mr jazz de France” collection privée / photos et dessins
7 mars / 7 avril

Il commence dès 1947 à organiser des concerts. dès lors, il n’est pas une formation marquante ou un grand festival qu’il n’enregistre pour l’ORTF, puis Radio France, voire la télévision. sa place derrière la scène lui permet d’être un témoin privilégié des principaux courants du jazz comme des jeunes générations de créateurs. Pendant plus de 50 ans, tout en étant au service de ceux qui font croître et s’épanouir les jazz sous toutes les latitudes, son regard bleu d’homme pressé n’a cessé de les illustrer. En parallèle, par des peintures, dessins, collages et « imprographies », il crée un monde graphique plus personnel. Ce chercheur insatiable propose ici quelques-uns des portraits de jazzmen qu’il a appréciés, sinon bien connus et fréquentés en retour des émotions musicales qu’ils lui ont offert.

André Francis par Matthieu Jouan / Citizen Jazz

Ce n’est pas sa première exposition de photographies ou de dessins, mais c’est la première fois qu’il montre son travail au public du Pannonica.

André Francis ne s’est pas fait connaître comme photographe ni dessinateur, ce qui explique sûrement la rareté de ses expositions. Pourtant, à bientôt 92 ans, il a amassé des milliers de clichés de musiciennes et musiciens de jazz, depuis plus de cinquante ans. Et réalisé des croquis, des dessins, des collages, des transferts… enfin toutes sortes de techniques pour exprimer son admiration pour ces acteurs innovants du jazz.

Tous ces musiciennes et musiciens, il les avait devant lui, quasiment à portée de main et d’objectif. Il était programmateur, présentateur, producteur ou membre de jury. Il était leur ami parfois. Il les défendait surtout. Il les aimait. C’est cet amour dont il est question dans ces portraits. Un amour d’amateur, un amour de passionné. Un regard bienveillant, plein de tendresse. Mais aussi de malice, d’humour.

D’André Francis, on connaît surtout la voix, cette voix inimitable qui a tant bercé les auditeurs de Radio France lorsqu’il diffusait sans relâche les musiques d’avant-garde, en trouvant presque scandaleux qu’on ne les connaisse pas plus ! Cette voix est gravée sur quelques disques, et annonce et présente pour l’éternité des concerts enregistrés, avec un tel aplomb qu’il est impossible de douter de l’importance du moment. (Les concerts de Miles Davis ou John Coltrane, pour ne citer qu’eux).

Collectionneur érudit, toujours à l’écoute, il a réalisé des programmations de festivals impeccables, mêlant artistes en devenir (il suivait de très près les nouvelles générations), musicien.ne.s confirmé.e.s et même des projets « grand public », qu’il trouvait moins intéressant (voire pas du tout) mais qu’il sentait à succès. Et il ne se trompait pas, ça marchait très bien. Une telle longévité dans le travail est surprenante et il a été le moteur de nombreuses aventures musicales, discographiques, littéraires, radiophoniques, télévisuelles, etc.

Lui dont la vie s’est faite « par hasard » comme il dit, n’est pas un dilettante. Par hasard, il est rentré à la radio, mais sa passion pour le jazz a été sa force de travail. Son apprentissage du dessin, pendant la guerre, devait le conduire à la réalisation de décors de cinéma, mais c’est finalement avec sa voix qu’il créera le décor des prestations scéniques de prés de quinze mille concerts en cinquante ans.

Artiste graphique, il n’a jamais cessé de dessiner, peindre, photographier avec pour sujet principal les scènes de concert qu’il fréquentait. Les murs du Pannonica ne contiennent pas la collection complète de portraits réalisés (plusieurs milliers), le choix s’est porté sur quelques photos qui attirent l’œil. Un regard, un mouvement, une lumière. Ces portraits sont pris depuis les coulisses ou des côtés de la scène, mais à partir de points de vue différents des photos habituelles de scène.

Différents points de vue, différents métiers, différents talents, une vie remplie aux multiples facettes, il est plus facile pour le cerner de décrire André Francis comme Monsieur Jazz. Un peu comme ses dessins exposés ici, dont on perçoit le contour mais dont l’épaisseur est composée de strates, d’écorces, de voix. Les voix du jazz.