Cyrille Gohaud : Un directeur mordu du Pannonica

: 19 février 2014 | : Action Culturelle Interviews | : lycee livet

Cyrille Gohaud est le directeur du Pannonica,un directeur amoureux du jazz. Il nous fait découvrir les débuts de ce lieu unique à Nantes et nous raconte comment il est devenu son ambassadeur. Il nous dévoile les coulisses du Pannonica en répondant à nos questions.

Y-a-t-il une relation particulière entre Nantes et le jazz ?
L’histoire du jazz à Nantes a commencé dans les années 1960 avec le concert du pianiste et compositeur Thelonious Monk au théâtre Graslin. C’est une figure emblématique du jazz américain et le compositeur du morceau « Pannonica ».
De ce fait, plusieurs groupes ou mouvements ont permis à cette musique d’évoluer sur place. Plusieurs lieux ont marqué la ville, notamment  Le cercle Nantais du jazz – qui a duré un peu plus de 20ans – et au début des années 1990 Nantes jazz péniche bleue. Différents cafés ont rassemblé des artistes, comme Le Melocotton avec une programmation hebdomadaire de concerts. Un autre événement marquant : Les Rendez-vous de l’Erdre. Ils représentent une opportunité pour développer l’image du jazz à Nantes.

Qu’est-ce qui a fait la renommée et l’histoire du Pannonica ?
Le jazz connaît seulement deux endroits réputés en France : à Tours avec le Petit Faucheux et à Nantes avec le Pannonica. François-Xavier Ruan, le cofondateur du Pannonica, est depuis 2006 l’organisateur du Festival de Musiques de rues. Au commencement Nantes a permis à une trentaine de professionnels de vivre de leur passion et a accueilli plusieurs artistes amateurs ainsi que des écoles de musique. Par la suite de plus en plus de musiciens sont venus se faire connaître à Nantes, entre autres grâce au Pannonica. On connaît notamment Alban Darche saxophoniste qui est venu de Paris à Nantes pour diffuser et partager son goût pour le jazz.

Comment êtes-vous arrivé au Pannonica ?
Je ne suis pas arrivé ici par hasard ! A l’âge de seize ans j’ai entendu mon premier concert, après avoir assisté à quelques représentations dans des théâtres de poche ou des cabarets. A 34 ans, j’ai rejoint l’association Nantes Jazz Action. J’ai ensuite repris la direction du Pannonica.

Quelle est la démarche pour qu’un artiste vienne jouer au Pannonica ?
Ce sont les artistes qui viennent vers nous pour pouvoir se présenter sur la scène du Pannonica : ils nous envoient un enregistrement de leurs morceaux puis avec mes collaborateurs, nous décidons si nous souhaitons que cet artiste se produise. Par la suite, je le contacte – lui ou son manager – pour discuter du contrat et de son accueil ou de celui du groupe.

Combien d’artistes avez-vous reçus au Pannonica ?
En vingts ans, je pense que plus de 3000 groupes ont défilé sur notre scène et devant le public nantais. C’est remarquable pour une salle de cette envergure ! Je me souviens notamment d’un artiste – un grand pianiste américain – qui est venu avec son instrument. La salle était noire de monde et lorsque ce musicien s’est mis à jouer, il y a eu un grand silence durant tout le concert. C’était un moment vraiment fabuleux !
On peut lui souhaiter de continuer à accueillir de nombreux artistes et de recevoir des grands noms du jazz.

Que peut-on souhaiter au Pannonica pour les prochaines années ?
On peut lui souhaiter de continuer à accueillir de nombreux artistes et de recevoir des grands noms du jazz.