Un concert au Pannonica

: 25 février 2014 | : Atelier des initiatives | : Atelier des initiatives

Depuis la dernière réunion du « Blog des spectateurs » et suite à la présentation de l’intervenant du Pannonica, je me disais que ça serait bien d’assister à un concert de jazz dans un lieu dédié à cette musique.

Si je suis un féru de concerts et de musique, je n’ai eu que rarement l’occasion de me frotter au jazz et de me rendre à des concerts jazzistiques.
Alors sur les conseils avisés d’un ami amateur de jazz, et en fonction de mes disponibilités, j’ai choisi de chroniquer le concert de Sébastien Texier (parfait inconnu pour moi mais dont je connais quelques titres de son père, Henri Texier, célèbre contrebassiste de jazz).
Ce qui me tentait par cette soirée c’était le fait que Sébastien Texier ait collaboré avec Julien Loureau (souvent très bien entouré d’ailleurs), saxophoniste dont j’apprécie beaucoup le travail.
Et en plus je n’étais jamais allé au Pannonica, bien que cette salle soit à deux pas de chez moi.
C’est donc avec une certaine impatience que j’attendais cette soirée.

Bon dire qu’il pleuvait ce soir-là est un doux euphémisme !
Pourtant les habitués attendaient tranquillement en haut des marches.
Oui car l’entrée du Pannonica est accolée à la salle Paul Fort / la Bouche d’Air, mais se situe à l’étage du dessous.
Il faut donc franchir une petite grille, une volée de marches, une mini entrée avant d’accéder à la salle.
Des photos au mur, un vrai petit bar au fond, deux estrades encadrant la scène, des petites tables rondes entourées de chaises blanches… pas de doute, c’est un club de jazz !

La moyenne d’âge est plutôt dans la cinquantaine, avec beaucoup d’habitués, quelques îlots de couples trentenaires et spécialement pour la soirée… une classe de collégiens !
Ils ont été briffés juste avant l’ouverture des portes : rester silencieux, pas de déplacements intempestifs et pas plus d’une heure de concert !
A l’entracte, la soirée est finie pour eux !
J’entends que certains familiers des lieux appréhendent mais d’autres au contraire sont curieux de savoir ce que ça va donner.
Le couple a côté de moi est intrigué et commence à engager la conversation avec leurs jeunes voisins. Ça ne doit pas être leur musique de prédilection mais pourtant ils sont enthousiastes car ils ont eu des cours et surtout ils sont entre amis pour une sortie !

Mais bon, la lumière s’éteint, après quelques mots du directeur de la salle, le concert commence…

La scène est belle, le son est vraiment bon et je suis tout proche du quintet… tout est réuni pour passer une excellente soirée !
Pourtant je sors déçu de ce concert. Sebastien Texier est un très bon saxophoniste et clarinettiste et ses musiciens (surtout Bruno Angelini, génialissime pianiste) sont irréprochables, mais ça manque de folie. Tout semble convenu, fabriqué. Des artistes comme Julien Lourau ou David Krakauer savent emporter leur public et les entraîner avec eux.
Ici ça n’est pas le cas, tout semble réglé au cordeau, ou après chaque morceau, trois musiciens improvisent, laissant les deux autres en arrière-scène. Et nous aussi.
Tous semblent égaux, mais de ce fait il n’y a pas de leader pour entraîner l’ensemble et ça manque… de direction. Seul le morceau Toxic Parasites crée l’alchimie (dont ce concert manque cruellement)… mais joué juste avant l’entracte ! Ça tombe… à l’eau !

Pierre-Antoine Lenormand de l’atelier des initiatives

Il faut aller au Pannonica ! Je suis allé au Sunset et au Sunside à Paris (trop élitistes à mon goût), mais le Pannonica ressemble plus au New Morning : c’est une vrai belle et chouette salle pour écouter du jazz (parfois pointu et exigeant) au plus près des artistes ! Et ça se ressent sur scène, car si le public est heureux, les musiciens ont un réel plaisir à jouer sur cette scène !